Le végétalisme et les bébés

Aujourd’hui, j’ai décidé d’écrire un article qui n’était pas du tout prévu mais qui, en vue des dernières nouvelles ainsi que de la vague de colère – injustifiée – et de jugement qui s’abat sur les vegans, a toute sa place sur mon blog. Depuis ce matin (EDIT: le 18 Mai 2017) des articles relatant du décès d’un bébé de 7 mois en Belgique, circulent sur les réseaux sociaux. La nouvelle (qui remonte d’ailleurs à 2014) est tragique, mais c’est la cause de sa mort qui soulève surtout des réactions parfois violentes. Le bébé a été nourri uniquement avec des laits végétaux et était en état de malnutrition, ne pesant que 4,3kg a 7 mois. Le fait qu’il ne prenait pas de poids aurait dû inquiéter ses parents bien avant que son état ne devienne critique, pourtant il semblerait qu’il n’a jamais été suivi par un médecin…

Commençons par la base: les laits (ou jus ou peu importe comment vous les appelez) végétaux en brique, ne sont absolument pas adaptés aux nourrissons, pas plus que ne l’est le lait de vache trouvé au supermarché du coin. Il s’agit pourtant d’une information simple à trouver et à comprendre, car ces boissons sont beaucoup trop pauvres en minéraux/vitamines pour un bébé en pleine croissance. Un nourrisson, a défaut d’être allaité par sa maman (c’est le meilleur lait qu’il puisse avoir) doit avoir du lait infantile pour subvenir à ses besoins. Lui donner uniquement du Sojasun ou du Bjorg acheté à Leclerc, c’est de la négligence et de la bêtise, d’autant plus qu’à partir de 6 mois, on doit normalement commencer la diversification. Avant de prendre le risque de lui donner un lait végétal non maternisé, les parents auraient simplement dû mieux se renseigner – je comprends que cela puisse être délicat, car les médecins bien informés sur le véganisme, ça ne court pas les rues. Mais là, il n’était même pas question de véganisme/végétarisme!

Il y a des bébés qui sont allergiques ou intolérants aux protéines de lait de vache, alors il existe des solutions adaptées depuis des années, pour tous les âges. Prémiriz, Modilac Riz, Mandorle…

Autre point important; les bébés vegans en bonne santé sont bien plus nombreux que ceux qui ont subi les conséquences malheureuses d’un manque d’informations des parents… mais on en parle jamais. On se charge seulement de relayer les mauvaises nouvelles, sans oublier de préciser « parents végétariens » dans le titre, histoire de provoquer un peu plus celles·eux qui y sont opposé·es. Et qu’en est-il des enfants de « parents carnistes »? Étrangement, en 2013, je n’ai pas vu l’information au sujet de l’enfant qui s’est retrouvée dans un état de mort cérébrale à cause d’une viande pas assez cuite, autant partagée sur Internet. Ce cas est pourtant loin d’être isolé! Les végéta*iens sont tout simplement des cibles faciles, puisqu’iels sont encore une minorité. Iels rejettent les idées que la société essaie de leur imposer, dévoilent au grand jour l’hypocrisie de certain·es, nuisent à l’image des lobbys, alors forcément, un faux-pas devient très vite un prétexte pour crier haut et fort qu’iels font n’importe quoi. C’était le cas des parents de ce bébé (bien qu’ils n’étaient même pas végétariens comme on a découvert par la suite) mais de là à en faire une généralité? Non. Ne mélangeons pas tout. Comme l’a si bien dit Gurren Vegan dans une de ses vidéos, le véganisme (ou le végétarisme) n’immunise pas contre la bêtise humaine. Je vous invite d’ailleurs à regarder sa vidéo intitulée « Merci, mais les bébés vegan vont bien ». Les parents de cet enfant ont fait l’erreur de ne pas surveiller la santé de leur bébé de près, de ne pas le faire suivre par un pédiatre, alors que la nourriture qu’ils lui donnaient n’était pas du tout adaptée à son âge. Mais elle était là, leur erreur, pas dans le fait de refuser une alimentation à base de produits d’origine animale.

Depuis la parution de cet article, certain·es n’hésitent pas à pointer du doigt les vegans en les traitant d’extrémistes et en disant qu’ils doivent « arrêter leurs conneries ». J’aimerais demander à ces personnes d’en faire autant, ne serait-ce qu’en se renseignant un peu plus. A force de ne voir que des tristes nouvelles de ce genre, vous ignorez qu’il y a plein (de plus en plus!) de mamans ou futures mamans végétaliennes, plein de bébés qui naissent en bonne santé et grandissent sans la moindre carence, parce qu’en ayant une alimentation adaptée et variée, ces histoires de carences ne sont qu’un mythe.

« Un régime végétalien bien planifié, de même que d’autres régimes végétariens, est adapté à tous les stades de la vie, y compris en cours de grossesse, pendant l’allaitement, la petite enfance, l’enfance et l’adolescence. » (Association américaine de diététique).

Il y a aussi ceux qui exigent de nous, les vegans, « qu’on arrête d’imposer notre point de vue » aux autres et surtout aux enfants (je ne vais pas vous mentir, cette requête est souvent formulée de façon moins aimable). A cela je répondrais que, tout est relatif. On peut tout aussi bien reprocher aux parents qui mangent de la chair animale de faire en sorte que leurs enfants en mangent aussi, dire qu’iels imposent également leur point de vue. Vous ne me verrez pourtant jamais crier au scandale, le jour où je verrai des parents emmener leur progéniture au Burger King. Après tout, quoi que j’en pense, ça ne regarde qu’eux et c’est leur décision. Tout ce que je peux faire, moi, c’est informer les gens des horreurs liées à l’exploitation des animaux non-humains, espérer que cela ouvre les yeux de certains, mais surtout et avant tout, vivre en harmonie avec mes valeurs et principes. Des valeurs que j’ai bien l’intention de transmettre à mes enfants. Car oui, si un jour, j’ai des enfants, iels seront vegans, du moins jusqu’à un certain âge où iels pourront faire un choix réfléchi. C’est une question que j’ai souvent entendu (trop souvent à mon goût #occupezvousdevosfesses), parfois de la part des étrangers. Bien que je sois flattée de cet intérêt pour ma façon de vivre, ce ne sont pas leurs avis, leur scepticisme ou leurs regards accusateurs qui ébranleront ma vision des choses, ou me feront changer d’avis.

Les éleveurs peuvent continuer de se réjouir de ce drame – qu’ils considèrent être un coup dur pour les vegans – et en profiter pour faire la promotion de leur ignoble profession en prétendant que le lait de vache est indispensable à la santé; ça ne fait que renforcer mon profond dégoût pour ce « métier » (vraiment, il est grand temps de se reconvertir). Des parents ont perdu un enfant parce qu’ils manquaient d’informations. A nous tous de faire en sorte que les informations sur l’alimentation végétalienne, qu’elle concerne les enfants en bas âge ou les adultes, soient plus accessibles, afin d’éviter tout autre incident à l’avenir.

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